L’ancienne ligne électrique aérienne « haute tension » disparaît…

Dernièrement les derniers pylônes treillis métalliques à 3 branches de la ligne électrique de la Brillane (usine hydroélectrique à proximité de Manosque) à Eguilles[1] puis à Marseille ont été enlevés à proximité du Castellas et le long des chemins de Maliverny et du château d’Alphéran ; Electricité Réseau De France ayant enterré les câbles gainés en bordure de route.

Cette ligne de la fin des années 1920- début 1930 de la Société d’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen était la première manifestation de l’électrification locale[2]. Dans  un premier temps n’étaient concernés que le village, ses abords immédiats (Alphéran et la Sionne s’étaient payé leur propre raccordement) et la gare de la Calade, ce qui avait permis de desservir quelques maisons le long des lignes installées comme le long de l’ancienne route d’Avignon/de Paris. La distribution aux usagers avait nécessité l’implantation de transformateurs à l’aspect de « tours » maçonnées caractéristiques[3] ; pour Puyricard, il était aux Camus à côté du lavoir public[4]. Le courant alternatif, sa fréquence était de 25 périodes, fourni aux usagers était du 110 volts, pour les usages industriels s’était du triphasé 240 volts.

Les pylônes supprimés supportaient la ligne « haute tension »[5] de cette époque d’où l’ « importance » des pylônes[6] mis en œuvre comparativement à ceux de distribution de même type treillis mais de section et hauteur plus réduites qui portaient 4 fils superposés : un pour chaque phase et le 4ème pour le neutre ; de nombreux sont encore en service. Les lignes suivaient les chemins alors et ne s’aventuraient dans les champs que si c’était celui du desservi, cas d’Alphéran.

 

André Davin.



[1]  Le grand bâtiment dans la fourche des routes D63 et D543 assurait la distribution et la régulation sur la ligne qui se dirigeait ensuite vers Septèmes le long de la N(D)543.

[2] Les derniers écarts pourtant proches mais isolés tels que Lignane, Michaëlis,…  à 500m de cette ligne devront attendre les années 1960 pour être raccordés. Entre temps, des programmes limités avaient cependant permis de distribuer le courant dans les zones d’habitat plus dense entre le village et Aix.

[3] Un spécimen est encore visible au Castellet ; il desservait l’usine de conserve de tomates Raynaud Frères.

[4] Actuellement disparus, quasiment à l’emplacement de l’école maternelle.

[5] La tension a été modifiée à plusieurs époques surtout avec la création de l’EDF suite à la nationalisation et regroupement des sociétés de distribution d’électricité.

[6] Un échantillon a été épargné à « Pioch » (croisement des chemin de Maliverny et ancienne route de Paris.